Antonin Detemple—
Anémochorie Volet 2
2021
Si le premier volet s’intéresse en substance à la serre de culture comme lieu de production industrielle et commerciale de la fleur coupée dans le contexte du capitalisme, le second volet vient interroger l’utilisation de jardins d’acclimatation du XIXème siècle comme facteur de circulation du végétal, et comme outils d’appropriation de territoire par l’étude naturaliste. Focalisé sur l’ancien Jardin Colonial des Plantes de Saint-Pierre (Martinique) détruit lors de l’éruption de la Montagne Pelée de 1902, deux gestes sont à l’œuvres. Aujourd’hui recouvert par une épaisse forêt préservée de toute activité humaine depuis plus d’un siècle, un herbier est produit avec l’aide du Conservatoire de Botanique à partir des différentes plantes se trouvant sur les lieux. Herbier pourtant inachevé, puisqu’il reste entre le moment de prélèvement et le moment d’étude, il reste en suspend dans le temps. Le journal qui emballe les plantes n’est autre que l’ouvrage Anémochorie, basculant alors de fonction en devenant cocon du vivant. Epaulé par l’Inrap, un forage est également réalisé de sorte à extraire une carotte géologique révélant les différentes époques de ce sol, riche d’histoires. Histoire amérindienne, histoire coloniale et histoire contemporaine se succèdent sur une longueur de quatre mètres. Cette carotte est alors mise en culture, de sorte à en faire germer les graines restées en dormance. Avec ce geste, il s’agit d’offrir à la vie la possibilité de s’exprimer, de faire germer à ces différentes strates la possibilité d’une existence résiliante. Cela consiste à regarder ce qui est encore vivant dans le passé et ce que cela nous montre du présent.
Vues de l'exposition à la Station Culturelle en octobre 2021.



Anemochorie1

Anemochorie2

Anemochorie3

Anemochorie4

Anemochorie5

Anemochorie6




Liza Maignan / SILO / BLVU
Faune, Alice Savoie / Cnap